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03 janvier 2007
- De Laurent Achard
- Avec Julien Cochelin, Pascal Cervo, Annie Cordy
- France
- 2006
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Cinéma, Sortie |
2 commentaires
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A coup sûr un film pas comme les autres présentant une famille complètement destructurée vue à travers le regard d’un petit gars de 11 ans.
Finalement j’en sors assez déçu, souvent dérangé par l’aspect trop “théâtral”. Je crois bien aussi que c’est la première fois que je vois un film avec une bande son sans musique…
A noter la présence d’Annie Cordy dans un rôle de grand mère autoritaire à des années lumières de tata yoyo
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Le Dernier des Fous : Eté violent
La caméra est un oeil, le spectateur est un voyeur. Voyeur ici consciemment, dès l’ouverture du film, quand le noir cède la place à un rond de lumière. Voyeur rapidement débusqué, extirpé presque de force de l’atmosphère sombre et confortable qu’il habitait, rendu au soleil qui tape en ce début du mois de juillet. Le film sera donc inconfortable.
Spectateur, exactement comme l’est le jeune Martin, à peine dix ans, de sa propre vie, de celle de sa famille dans cette grande ferme de plus en plus décrépite.
Martin parle pue. Il voit, il observe plutôt. La fatigue de son père, es allers-retours de son grand frère. On pourrait presque croire qu’il voit tout, et nous avec, planqués derrières l’oeil qui orne la façade de la grange. Tout, sauf sa mère. D’ailleurs personne ne la voit - à part la bonne. On ne fait que l’entendre, la nuit, quand une crise la prend, qu’elle hurle et cherche à briser le peu d’affaires qui reste dans sa chambre vide et froide.
Le Dernier des Fous se passe de nos jours, mais relate une histoire qui pourrait survivre du siècle passé. Et tout le film d’Achard semble rapidement être issu, lui aussi, d’un léger déplacement de la réalité. Puisque l’on adopte le point de vue de Martin, qu’il devient le héros du film, est-ce bien lui le dernier des fous ? Donc nous par extension ? Et alors à quelpoint ce que nous voyons n’est-il que réalité ?
Ce que Laurent Achard nous montre, ce qui suinte de ces plans sombres qu’un rai de lumière vient parfois balayer, c’est la violence du monde des adultes, un monde où les problèmes d’argent sont plus difficiles qu’à l’école primaire, où l’on plaisante de la fin du monde, où l’on rit des secrets des autres.
Inconsciemment peut être, Martin sait que la vie est dangereuse, que grandir peut vous tuer. Il l’apprend lors d’une baigande avec son amie, plus âgée que lui d’un an ou deux, déjà midinette alors qu’il reste un enfant. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’on ne peut refuser de grandir, que redoubler, refuser le collège, ne le préservera pas des désespoirs de son frère, de l’impuissance de son père ou de la froide méchanceté des femmes de son entourage.
Que l’orage approche de toute façon, qu’il gronde déjà. Et que dans un ultime moment de clairvoyance, seuls les fous l’entendront éclater.